ous vous souvenez peut-être qu’à la suite d’un «backflip» loupé, Adrien a été victime de graves blessures aux vertèbres cervicales et dans le dos. Cela lui a valu le port d’un corset pendant plusieurs mois et…………. une idée pour créer une start-up. Laissons vous expliquer cela.
Entre prendre et laisser ma place, j’ai fait mon choix Fini les études. Fini la fédération des élèves Polytech (Presque), fini les bêtises. Maman, papa, je suis un grand qui part travailler. La 5 e année d’étude validée, je suis à présent, au même titre que mon cher cousin Romain, un ingénieur diplômé. Cette année marque le début d’une très belle transition de ma vie quittant le cadre scolaire que j’ai côtoyé durant 20 ans pour débuter une vie d’adulte. Une vie d’adulte c’est avoir un salaire, arrêter les soirées étudiantes, manger plus équilibré, s’apprêter à payer ces premiers impôts, ne plus vivre chez ces parents ou en colocation avec ses potes mais vivre avec une chérie et pleins d’autres choses… Et ma vie d’adulte alors ? A quoi ressemble-telle ? Surtout, comment ma vie d’adulte se construit-elle ? Avant de répondre à toutes ces questions, je vais vous raconter le cheminement de cette année 2018 qui m’a amené à entreprendre. Tout d’abord, j’ai passé pas loin de la moitié de l’année en Italie à Bologne dans le cadre d’un stage de fin d’étude dans une start-up aux allures de laboratoires nommée mHealth Technologies. [Pour ceux qui ne sont pas très intéressé par ce qui est un peu technique, vous pouvez passer au paragraphe suivant]. La start-up développe des capteurs permettant d’évaluer la mobilité de personnes âgées, de suivre leurs activités et de les accompagner en maisons de retraite ou à domicile pour garder la forme. J’avais comme mission principale de piloter un bras robot qui allait permettre d’étalonner des capteurs inertiels. On retrouve, en l’occurrence, ces capteurs dans les téléphones, où ils permettent de définir si votre téléphone est en position horizontale ou verticale pour ensuite faire pivoter l’écran si nécessaire. Dans l’usage de l’entreprise, ces capteurs ont la particularité d’être communicants car ils sont équipés de modules Bluetooth. On peut donc récupérer des données importantes sur un téléphone ou une tablette permettant à la start-up à développer l’application adéquate pour fournir un rapport complet décrivant la forme physique de l’individu. C’était un stage très intéressant ; j’ai eu l’occasion de me faire quelques camarades italiens encore étudiants sur-place et de visiter le nord de l’Italie en particulier : Bologne, Ferrare, Florence, Vérone, Gêne et Venise. Je n’y ai pas pratiqué l’italien autant qu’il aurait fallu mais j’étais assez fier de pouvoir commander un repas en italien à la fin de mon séjour et que le serveur me réponde en italien plutôt que dans un anglais approximatif. Il faut dire que la première fois que j’ai mis les pieds en Italie, j’ai été assez surpris lorsque quelqu’un m’a dit « Ciao » pour me saluer … Je me suis demandé ce que je lui avais fait pour qu’il me dise au revoir avant même d’avoir entamé la conversation ! Le choix d’un stage en Italie n’était pas anodin même si c’est un peu le fruit du hasard qu’un collègue de mon père soit originaire de Bologne et me présente à l’un de ses amis. Je n’ai pas accepté le stage pour travailler mon anglais et encore moins pour espérer travailler en Italie par la suite. J’ai choisi ce pays car je devais d’une part valider une expérience à l’internationale durant mes études mais aussi car je m’étais engagé auprès des 14 BDE (Bureau Des Elèves) du réseau de Polytech à rester président de la Federp (je rappelle : Fédération des Elèves du Réseau Polytech) pendant 1 an. Mon mandat finissait en avril. Il fallait donc que j’effectue mon stage dans un pays le plus limitrophe possible de la France… Autant vous dire que je suis bien heureux de ne pas avoir trouvé un stage en Allemagne et vous allez vite comprendre pourquoi. Je suis arrivé au mois d’avril et j’ai dû rapidement effectuer un voyage express de 30 de transport aller-retour jusqu’à Tours pour effectuer la passation de présidence de mon association. Cette présidence a été l’expérience la plus éreintante de ma vie ayant parcouru environ 20 000 km en 6-7 mois tout en effectuant mes études. Ça n’a l’air de rien pour quelqu’un qui fait de la route comme mon cher père Régis, pourtant il faut se rappeler que mon objectif premier était tout de même le diplôme à la fin de l’année. Malgré toute la fatigue accumulée qui a été longue à soigner, cette expérience a été incroyable. D’après les retours de tous les élèves, du coordinateur et de toute l’administration du réseau Polytech, ainsi que certains anciens élèves, notre mandat a été un franc succès. J’ai eu la chance de diriger une équipe hyper efficace et dynamique à travers la France pour unir les étudiants, pour gagner la totale confiance des administrateurs de notre réseau d’écoles ingénieur et pour s’ouvrir aux autres. Je ne vous cache pas que je suis très heureux de pouvoir encore me rendre en soirée Polytech et d’être flatté régulièrement comme étant … une légende. Que ce soit des étudiants de la 1 ère à la 5 e année, chacun me porte un immense respect et a grande confiance en moi alors que la plupart me rencontre pour la première fois ces derniers temps, n’étant aujourd’hui plus étudiant Polytech. J’ai donc gagné une très grande confiance en mes capacités. Il y a 5 ans je me laissais porter par les eaux du Styx, à présent, je possède mon siège en haut de l’Olympe. Toutefois, ceci concerne uniquement Polytech. A présent il est temps de recommencer de plus bas. Non pas avec 12 travaux mais un seul travail, monter mon entreprise. Pour revenir à ma définition de la vie d’adulte, j’ai une nouvelle carte d’étudiant, pas de salaire donc pas d’impôt à l’horizon. On me retrouve encore en soirée et événements Polytech les weekends et je vis chez mes grands- parents. Alors vue de l’extérieur, la seule différence c’est que je mange beaucoup mieux au quotidien. Pourtant, croyez- moi, je suis quand même un (jeune) adulte ! Je suis un entrepreneur inscrit dans un cursus d’accompagnement aux jeunes diplômés post-bac, pour monter mon entreprise. Avant tout, il me semble important de répondre à la liste FAQ (questions fréquemment posées) : - Quelle est la réponse à la vie ? 42. - Quel est le nom du projet que vous portez ? Nelom. - D’où vient le nom du projet ? C’est l’anagramme de Melon. - Avez-vous un associé ? Oui (et toi ?). Il s’appelle Joseph Tete, il est docile, ingénieur en mécanique matériaux composites et issu de la même école que moi. - C’est quoi ton projet ? En développant Nelom, nous avons à cœur d’aider à améliorer l’efficacité des traitements orthopédiques grâce à du suivi en temps réel de patients souffrant de pathologies rachidienne (de la colonne vertébrale) idiopathique (comme la scoliose) ou traumatologique (comme une bonne fracture). En d’autres termes, de nos jours tout est connecté et pourquoi pas le corset ? - D’où vient l’idée de développer un genre de corset connecté ? Devinez. En 4 mots : ski, backflip, corset rose. Nous avons commencé à travailler sur le projet avec mon associé mi-octobre et début décembre j’avais déjà participé au plus gros congrès européen du rachis (de la colonne), l’EUROSPINE (merci Papa) et nous avions déjà rencontré 2 chirurgiens, 1 médecin ré-éducateur, 1 ingénieur docteur, un grand nombre de personnes extrêmement intéressantes et le PDG de Demeure Orthopédie, une entreprise qui fabrique des corsets et qui a en l’occurrence conçu mon corset. Beaucoup croient en notre projet, notre détermination, et nous soutiennent énormément. Les deux chirurgiens nous couvent. Nous avons pu assister à une consultation en pédiatrie afin de mieux comprendre la scoliose, l’un d’entre eux nous propose d’établir un partenariat entre l’Université Grenoble Alpes – Demeure Orthopédie et nous. On a visité chaque recoin de la société Demeure Orthopédie nous invitant à se sentir comme chez nous et nous nous sommes liés d’amitié avec un directeur commercial international chez qui, nous avons senti l’envie d’investir personnellement dans notre projet, à condition bien sûr que nous continuons d’avancer ! Tout cela en présentant seulement quelques esquisses. Imaginez donc ce que cela va donner le jour où nous sortirons un vrai prototype soutenu par des professionnels du monde de l’orthopédie. Nelom, c’est le début d’une très grande aventure entrepreneuriale. Si ce n’est pas cette start-up qui fonctionne, ce n’est pas un problème car on l’écrit avec une majuscule et une virgule. Toute phrase commence par une majuscule et s’il y a une virgule, c’est qu’il y aura forcément quelque chose qui suivra. Est-ce que Nelom, est une simple expérience ou une véritable mine d’or qui va porter ces fruits ? Peu importe car dans tous les cas je me forme à travers ce projet et tôt ou tard, je m’imposerai comme étant le leader de ma propre entreprise qui développera un produit innovant.
Les diplômés
Romain
Alicia Alicia
Pierre Pierre